Besançon : « Être Église avec les jeunes »

Et si la question n’était pas de faire venir les jeunes à l’Église, mais d’être Église avec eux ? Arrivée dans la paroisse de Besançon et Environs, la pasteure Emmanuelle Koré-Zouma partage sa conviction : enfants, adolescents et jeunes participent dès aujourd’hui à la vie du peuple de Dieu.

Et si la première question à se poser n’était pas : « Comment faire venir les jeunes à l’Église ? », mais plutôt : « Comment être Église avec eux ? » Cette question a guidé mon arrivée dans la paroisse de Besançon et Environs au point d’en faire deux des trois dominantes de mon proposanat : la jeunesse et le catéchisme.

Une composante de l’Église à part entière

Les enfants, les adolescents et les jeunes ne sont pas une catégorie à préparer pour demain : par leur baptême, leur présence et leur parole, ils participent dès aujourd’hui à la vie du peuple de Dieu.

 

Dans les Écritures, Jésus accueille les enfants et les place au cœur de la communauté (Mc 10,13-16). L‘apôtre Paul rappelle aussi que, dans le corps du Christ, chaque membre a sa place et qu’aucun n’est inutile (1 Co 12). La jeunesse n’est donc pas un « public » auquel l’Église proposerait des activités : elle est une composante de l’Église, capable de recevoir la Parole, de l’interroger et de la partager.

Découvrir, questionner et vivre la foi

À Besançon, nous veillons à ce que les rencontres d’École Biblique, de la catéchèse des adolescents et du groupe de jeunes, soient des espaces où la foi puisse être découverte, questionnée et vécue. Partant ainsi du principe que toute formation chrétienne ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances. Elle ouvre un chemin : découvrir les récits bibliques, les symboles et les gestes de la foi, s’approprier la Parole de Dieu et chercher comment elle peut résonner personnellement dans nos vies.

 

C’est particulièrement important pour des enfants et jeunes dont les journées sont déjà riches en activités. L’Église n’a pas vocation à rivaliser avec le sport, la musique ou les loisirs… Elle peut offrir autre chose : un lieu où l’on prend le temps de s’émerveiller, de jouer, de parler, de douter, de réfléchir et de chercher du sens. Car ils sont déjà traversés par les réalités de notre société : réseaux sociaux, pression scolaire, discriminations, inquiétudes écologiques, conflits, questions d’avenir. La foi peut leur donner un autre regard sur ces réalités, sans apporter des réponses toutes faites. La communauté devient alors un lieu d’apprentissage de l’altérité : écouter l’autre, accueillir sa différence et découvrir que la foi se construit aussi dans la rencontre.

Prendre leur part au culte

Cette vie communautaire se poursuit dans les cultes, lorsque les jeunes lisent, les plus petits chantent ou jouent un sketch, les adolescents participent à une célébration. Ils ne sont pas là pour « animer » le culte : ils y prennent leur part. Leur parole devient une parole offerte à toute l’assemblée.

Des personnes et des lieux

Cette mission demande cependant des personnes et des lieux. Le manque de moniteurs et de catéchètes demeure un défi. Pendant la période de restauration de la Tour du Saint-Esprit nous avons dû nous adapter : j’accueillais les adolescents (Collège et lycée) et jeunes (Jeunes actifs) au presbytère, l’École biblique (Primaire) se tenait dans une salle mise à disposition par l’APAS.

 

Nous espérons que les jeunes et enfants arrivés en septembre 2026 permettront de poursuivre cette dynamique et que les différents espaces équipée, décorée et dédiés à la jeunesse soient des lieux pour vivre, croire, chercher et faire communauté.

 

Accompagner la jeunesse, c’est finalement croire qu’à travers elle, Dieu continue aussi de faire grandir son Église.

 

Pasteure Emmanuelle Koré-Zouma

 

Photo : Tour du Saint-Esprit, Besançon – Toufik-de-planoise, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

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