Cultiver pour se ressourcer
Quand cela a été possible dans les différents lieux où j’ai servi l’Église, j’ai eu à cœur d’entretenir un espace de verger ou de potager. Je ne vis pas le jardinage comme un passe-temps destiné à combler les vides. C’est plutôt une façon de trouver un équilibre entre un engagement assez intellectuel — célébrer le culte, étudier la Bible, animer et former spirituellement, écouter et accompagner, gérer et organiser les institutions — et une activité qui demande de mettre les mains dans la terre. Il ne s’agit pas de s’évader, mais de se ressourcer en cultivant son jardin et de recevoir la Bonne Nouvelle autrement.
Pour l’être humain, cultiver la terre est une prescription du Créateur, qui la lui offre d’abord comme un espace de jeu, avant qu’elle ne devienne un milieu de survie et de responsabilité. En portant attention à la moindre pousse, je me demande souvent quelle est sa promesse : la surprise d’une forme inconnue, la contemplation d’une fleur, l’émerveillement devant un fruit. En scrutant la terre en profondeur, le minéral, le végétal et l’animal dévoilent leurs vertus ou leurs caprices.
