Billet régional (avril 2026)

À la lumière de Pâques, cette méditation rappelle que Dieu n’abandonne jamais son œuvre. Dans la fragilité des commencements se révèle déjà l’espérance de la résurrection.

Espérer la résurrection, c’est en vivre déjà

« C’est afin de nous sauver et de nous sanctifier que Dieu nous a créés » 

(Luther, Grand catéchisme)

En commentant le récit de création du livre de la Genèse, Martin Luther affirme que « Dieu n’a pas créé les choses pour les abandonner, une fois créées, mais il les aime et s’y complaît. » Luther est bien conscient des limites de ses connaissances sur les conditions d’émergence de la vie, mais c’est la bénédiction divine qui la porte, la multiplie et la renouvelle. Il a dès lors de la peine à imaginer une extinction biologique : « Si une espèce [animale] quelconque venait à disparaître, Dieu la restaurerait. » Il se dit par ailleurs peu convaincu par les théories sur les migrations des oiseaux, il prend le cas des hirondelles : « Le fait miraculeux que représente la destinée des hirondelles est connu : tant que dure l’hiver, elles gisent sans vie dans les eaux, pour revivre à l’entrée de l’été. C’est là un signe frappant de notre résurrection. »

 

Sa lecture est entièrement tournée vers l’horizon ouvert par l’amour du Christ qui donne sa vie pour nous unir à Dieu, et cela dépasse toute raison. 

 

Au regard des réalités de notre Église, nous savons que les choses ne continueront plus comme par le passé et nous nous demandons peut-être avec appréhension comment la foi en l’Évangile pourra à nouveau émerger. A la lumière de Pâques, commençons par nous réjouir de l’éclosion des bourgeons de la vie puis bénissons « le jour des petits commencements » (Zacharie 4, 10). C’est dans la fragilité que Jésus est venu au monde ; c’est dans la fragilité que les disciples l’ont suivi ; c’est dans la fragilité que le souffle de l’Esprit conduit l’Église ; c’est dans la fragilité que nous célébrons la présence de l’avenir de Dieu et que nous sommes en marche vers son Royaume. 

 

« Au-delà de cette vie, écrit Luther, nous croyons et nous attendons fermement la vie spirituelle par le mérite du Christ : c’est l’accomplissement [la fin] de notre vie ».

 

Marc Frédéric Muller, pasteur

Inspecteur ecclésiastique

 

 

 

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