Rassemblement interreligieux pour la justice climatique

Notre journal régional Paroles Protestantes n° 178 d'octobre vous avait annoncé ce rassemblement interreligieux pour la justice climatique en page 12

Les chaleurs, les incendies, les cyclones et les tornades, le manque d’eau qui ont été vécus en plusieurs lieux du monde cet été, ainsi que le dernier rapport scientifique du GIEC* sur le climat ont sonné l’alarme… une fois de plus ! La justice, la paix, le bien-être pour toutes et tous, la sécurité pour les enfants et les familles, l’harmonie et le respect de notre planète et de tous les êtres vivants que nos traditions religieuses et spirituelles promeuvent, sont en danger.

C’est pourquoi un appel dans le cadre d’un mois d’octobre mondial d’actions religieuses et interconfessionnelles, a été proclamé autour de « Religions pour la justice climatique ! » C’est en amont du G20 et de la COP 27 en Égypte, cette année. Que pouvons-nous faire, nous qui mettons notre confiance en un Dieu créateur et miséricordieux ? Juifs, musulmans, chrétiens et autres de l’Aire urbaine (et d’ailleurs) se sont retrouvés, accompagnés dans leur réflexion par Otto Schaefer, biologiste, éthicien de l’environnement, docteur en sciences et en théologie protestante. 

Le rassemblement œcuménique de Bâle en 1989, Justice, paix, sauvegarde de la création a marqué une étape importante de la réflexion des Eglises européennes. Malheureusement, la décennie 1995-2005 peut être qualifiée de « perdue » ; l’instabilité politique et la mondialisation libérale qui ont suivi la chute du mur, ont fait passer au premier plan d’autres questions et nous voici confrontés à une accélération des dérèglements. Que faire pour que notre planète reste habitable ?

Otto Schaefer a d’abord insisté sur la notion d’énergie, une manifestation du divin. Quels critères éthiques pour la partager face à l’épuisement des ressources et aux limites d’absorption de l’atmosphère ? Le gaz carbonique, mais aussi le méthane, contribuent au réchauffement. Quand la température augmente, le méthane emprisonné dans le permafrost est libéré et concourt à l’effet de serre 80 fois plus que le gaz carbonique. Un cercle vicieux s’installe. Le méthane provient aussi de l’agriculture (culture du riz, élevage…) et le limiter suscite des problèmes pour l’alimentation humaine. Le droit à une alimentation de base pour chacun ne doit pas déboucher sur une politique libérale de la consommation de viande… Quant aux essais pour retirer le gaz carbonique de l’atmosphère  (émissions négatives), ils se heurtent à des difficultés technologiques non (encore ?) maîtrisées. Les problèmes démographiques, les migrations et la gestion de l’eau pourraient donner lieu à des débats spécifiques. Il est de plus en plus difficile de signer des accords mondiaux.

Nous devons chercher des solutions pour affronter le changement climatique qui soient à la fois durables, justes et favorisant la paix, la liberté et la participation. Les énergies fossiles sont en contradiction avec ces valeurs éthiques. Les économies d’énergie sont une partie de la solution et nous invitent à développer une sobriété heureuse. Celle-ci n’est pas l’austérité et Calvin la défend comme un refus des excès. C’est à la fois un idéal religieux, la reconnaissance des dons du Créateur, le respect de la juste mesure et du partage avec les autres.

Face aux transformations de notre planète, notre société a un deuil à faire. Après le déni et la colère, nous affrontons la négociation et la dépression…. Avant d’aboutir à une acceptation ? Au-delà des changements énergétiques, il faudra un accompagnement spirituel afin de retrouver un sens de la vie pour un homme nouveau réconcilié avec Dieu, son prochain et la création.

*GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, il synthétise depuis 1988 les travaux scientifiques sur les changements climatiques et en présente un résumé pour les décideurs.

 



PLAIDOYER
À L’INTENTION DES MOYENS DE COMMUNICATION
PRESSE ET RADIO ET DES ÉLUS

 

Nos religions nous enseignent à prendre soin de la terre et les uns des autres, et nous nous employons à vivre selon ces valeurs. Or, en ce moment, le monde souffre de profonds déséquilibres ; nous avons peur. Les plus vulnérables parmi nous souffrent alors que notre planète court des risques extrêmes du fait de politiques inefficaces, d’industries extractives polluantes et de forces culturelles et religieuses extrémistes.

Nous sommes convaincus que la situation actuelle impose de réaliser une transformation audacieuse, qui construira une vie où nous sommes en lien les uns avec les autres et avec la Terre. Notre foi et nos pratiques spirituelles nous donnent précisément le sens et la force de nous saisir des grands défis.

Partout dans le monde, des gens de foi, des personnes qui ont une spiritualité sans se définir comme religieux et des responsables religieux se retrouvent pour se former et passer à l’action. Nous croyons qu’un changement dans un domaine accélère le changement dans d’autres : c’est pourquoi nous sommes appelés à transformer nos propres vies, nos institutions religieuses et notre société. Nous appelons de toutes nos forces les politiques à des actes et des pratiques équitables et vraiment durables qui soient mis en place à tous les niveaux.

Ça ne sera pas facile. Nous faisons face à une urgence climatique immense. Les forces qui essaient de contrer cet élan sont puissantes : l’industrie des énergies fossiles, les administrations corrompues ou incompétentes, la culture du consumérisme et tout simplement l’inertie.

A la maison et dans nos lieux de prière et d’offices religieux, nous devons adopter des habitudes de consommation respectueuses du climat. Il nous faut faire pression sur les gouvernements afin qu’ils s’engagent et s’investissent dans une transition écologique juste. Cette transition doit avoir pour but de permettre à tout le monde d’accéder à 100 % d’énergie renouvelable, à une alimentation saine, à de l’eau et à un air propre – et créer des millions d’emplois verts pour reconstruire le monde. 

Agir ensemble pour réussir !

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